Asthénie

 

 

Qu’est-ce que c’est ?

 

L'asthénie est une impression d'épuisement qui ne peut être attribuée à un effort. Elle ne disparaît pas au repos.

 

L'asthénie est un symptôme non spécifique, c'est-à-dire qu’elle ne permet pas à elle seule d'évoquer d'emblée une maladie particulière.

Dans la plupart des cas, l'asthénie s'associe à une maladie déjà connue et sa prise en charge sera celle de la maladie responsable.

Parfois, l'asthénie est isolée. Le médecin procède alors à une analyse des caractères de cette asthénie et une recherche des symptômes associés qui lui permettront de différencier asthénie et fatigue « normale » et, éventuellement, de prescrire des examens complémentaires.

Il existe des différences entre l'asthénie et la fatigue:

- La fatigue est une sensation de faiblesse qui peut être limitée à un muscle ou un organe. Elle est parfois douloureuse, apparaît à l'effort et cède au repos.

- La fatigue musculaire est facilement reconnaissable et reliée à un effort physique. La fatigue oculaire apparaît après un effort de fixation prolongé par exemple sur un écran.

- La fatigue auditive est reliée à une exposition sonore intense et prolongée.

Certaines formes de dépression, notamment les dépressions masquées, peuvent se traduire par une asthénie parfois associée à des angoisses ou des idées noires.

Il s'agit souvent d'une asthénie matinale, variable d'un jour à l'autre, non influencée par le repos ou l'effort.

L'asthénie disparaît fréquemment en fin de journée.

Elle peut s'accompagner de nombreux symptômes, douleurs, troubles du transit...

Certains médecins peuvent prescrire des antidépresseurs pour une durée brève afin de confirmer au non l’existence d’une véritable dépression.

 

Asthénie de surmenage ?

 

L'asthénie de surmenage, aussi appelée asthénie réactionnelle, doit être distinguée d'une fatigue secondaire à un effort et qui cède avec le repos.

 

La reconnaissance de l'asthénie de surmenage ou asthénie réactionnelle est variable selon les pays. Pour les Français, l'asthénie réactionnelle représente un quart des causes d'asthénie, alors qu'elle n'est pas décrite chez les Anglo-Saxons.

Elle se définit par une difficulté d'adaptation, plus ou moins prolongée, suite à des situations de contrainte ou de surmenage.

La cause peut être professionnelle ou familiale, liée à des problèmes de logement ou de transport. Parfois, il s'agit de personnes ayant une tendance dépressive, longtemps compensée par un hyper investissement dans le travail, et brutalement déséquilibrées par un événement de la vie (divorce, changement de poste, de lieu de travail, conflit professionnel, déménagement, problème avec un enfant...).

Le surinvestissement prolongé dans une activité sportive peut conduire à la même situation.

L'asthénie est souvent plus marquée le soir avec l'impression de ne pas pouvoir récupérer malgré un sommeil prolongé. Il s'y associe une irritabilité, un état de tension musculaire, une moindre efficacité au travail.

Le diagnostic d'asthénie réactionnelle est fondé sur l’interrogatoire attentif du médecin : conditions de vie du patient, éventuel facteur déclenchant, plaintes physiques…

Un aménagement des horaires, une bonne gestion des temps de loisirs et, éventuellement, une prise en charge psychologique courte permettent d’améliorer cette asthénie de surmenage.

 

Quel examen ?

 

Si la fatigue, le stress ou le manque de sommeil ne sont pas en cause, des examens complémentaires seront nécessaire pour rechercher la cause de l’asthénie en commençant par un bilan sanguin :

- C Reactiv Protein CRP, vitesse de sédimentation à la recherche d’un syndrome inflammatoire

- Numération formule sanguine (NFS) : une infection, une anémie  

- glycémie, bilan hépatique, calcémie,

- créatinine pour étudier la fonction rénale.

- TSH : problème thyroidien

- Ferritine : manque de fer

 

Quelles cause organique ?

 

Les asthénies infectieuses

 

Les infections les plus souvent à l’origine d’une asthénie prolongée sont les hépatites virales (infection virale du foie), la mononucléose infectieuse (infection virale qui se manifeste notamment par une angine), la tuberculose, la brucellose ou les endocardites infectieuses (inflammation de la membrane qui tapisse le cœur).

 

Les asthénies endocriniennes et métaboliques

 

L'insuffisance surrénalienne, hypophysaire, et l'hypothyroïdie

(caractérisée par une insuffisance de production d'hormones thyroïdiennes) s’accompagnent d’une asthénie parfois importante.

 Mais l'asthénie est aussi présente dans d’autres maladies endocriniennes (des glandes qui sécrètent des hormones) : l'hyperthyroïdie, l'hypercorticisme, l'hyperparathyroïdie.

Le diabète méconnu ou déséquilibré, l'insuffisance rénale sont aussi des causes d'asthénie.

Enfin, les carences en fer à l’origine d'anémies, très fréquentes chez les femmes avant la ménopause, peuvent s’associer à une asthénie prolongée.

 

Les asthénies neurologiques

 

Les maladies musculaires peuvent s’associer à une asthénie : myopathies, myosites et dystrophies musculaires (anomalies du développement d'un muscle). Les maladies neurologiques telles que la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, la narcolepsie s’accompagnent le plus souvent, elles aussi, d’une asthénie.

 

Les asthénies néoplasiques

 

La plupart des cancers sont à l’origine d'asthénie.

 

Les asthénies hématologiques

 

Les maladies du sang – et notamment la baisse du nombre des globules rouges, l’anémie – sont associées généralement à une asthénie.

 

Les asthénies d'origine digestive

 

Les hépatites non infectieuses (médicamenteuses, toxiques…), les cirrhoses et les maladies de surcharge comme l'hémochromatose sont responsables d'asthénie. La maladie cœliaque peut aussi se manifester par une asthénie, de même que les entéropathies inflammatoires.

 

Les asthénies d'origine cardiovasculaires et respiratoires

 

L’insuffisance cardiaque, les troubles du rythme, l’insuffisance respiratoire chronique, le syndrome d'apnée du sommeil peuvent aussi être à l’origine d’une asthénie.

 

Les maladies de système

 

Ces maladies – d'origine inflammatoire ou auto-immune – touchent plusieurs organes et se traduisent par une asthénie associée à d’autres signes plus spécifiques : lupus érythémateux disséminé (c'est une affection peu fréquente atteignant surtout le visage qui se manifeste par l'apparition de lésions rouges et sèches particulièrement persistantes et survenant dès les beaux jours), sarcoïdose, polymyosites (atrophies musculaires), polyarthrite rhumatoïde (le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques) ou maladie de Horton (survenant généralement vers la soixantaine, caractérisée par une dégradation de l'état général).

 

Les asthénies d'origine toxiques ou médicamenteuses

 

Les principaux médicaments responsables d'asthénie sont les psychotropes (médicaments qui agissent sur le psychisme), les anti-hypertenseurs centraux, les bêta-bloquants, les inhibiteurs calciques et les anticancéreux. L'alcoolisme peut se manifester par une asthénie.

 

Quels traitement

 

Le traitement peut consister en : une correction d'un déficit en vitamines ou en oligo-éléments, d'un déficit hormonal, des antibiotiques en cas d'infection bactérienne, un traitement d'un cancer.

Un traitement antidépresseur prolongé fera disparaître l'asthénie liée à une authentique dépression.

Quand il n'y a pas de cause retrouvée, l'asthénie est dite fonctionnelle et est parfois liée à une mauvaise hygiène de vie ou à un surmenage professionnel. Dans certains cas, les traitements dits « anti-asthéniques » peuvent être utilisés. Ces traitements regroupent de nombreuses molécules : acides aminés, vitamines, oligo-éléments et stimulants incluant la caféine.

Leur efficacité est variable et certains de ces médicaments peuvent avoir un effet placebo plus lié à l’écoute et la reconnaissance de l’asthénie. Cet effet est parfois suffisant en cas d'asthénie transitoire,  mais peu souvent en cas d'asthénie prolongée.

C'est au médecin de choisir au cas par cas la meilleure attitude : traitement de la cause en premier lieu, et en fonction de celle-ci médicaments antidépresseurs, anti-asthéniques ou parfois, psychothérapie de soutien.

 

Comment vivre avec

 

L'hygiène de vie est primordiale dans la prise en charge de l'asthénie,

L'hygiène de vie permet de limiter l'asthénie en cas de maladie infectieuse et, parfois, de la supprimer en cas d'asthénie réactionnelle.

 

L'aménagement des horaires

 

Le temps consacré aux loisirs doit être préservé, avec de réelles activités de détente. Des horaires de travail plus réguliers, un temps de transport limité sont souvent de bons « anti-fatigue ».

 

La nutrition

 

On sait que nous ingérons actuellement plutôt moins de calories qu'il y a 50 ans, mais malheureusement au détriment des aliments les plus nécessaires, notamment ceux riches en vitamines et en oligo-éléments. Les carences alimentaires sont donc fréquentes, surtout chez les femmes du fait des grossesses et des règles.

L'alimentation devrait comporter quotidiennement des fruits et des légumes, une ration suffisante de protéines de bonne qualité, des laitages source de calcium et moins de graisses et de sucres à index glycémique élevé c’est à dire à absorption rapide.

 

Éviter les régimes à répétition

 

L'obsession de la minceur et les régimes plus ou moins saugrenus peuvent entraîner des asthénies liées à un déficit énergétique de l'alimentation. L'asthénie liée au régime va alors conduire au grignotage avec des accès compulsifs sur des produits gras et sucrés (chocolats, biscuits, viennoiseries...).

Ces aliments, pauvres en vitamines et minéraux, accentuent le déséquilibre et font reprendre du poids, créant un véritable cercle vicieux où l'asthénie s'aggrave avec découragement, mésestime de soi, etc.

 

Retrouver le sommeil

 

La perte de sommeil ou un sommeil de mauvaise qualité peuvent conduire à de véritables asthénies. Avant de prendre un somnifère qui ne résoudra que passagèrement le problème, il vaut mieux s'attacher à améliorer ses conditions de sommeil : mise en condition par un moment calme le soir, éviction des excitants (café, alcool, mais aussi excitation visuelle ou auditive), chambre calme, non surchauffée, bonne literie... et surtout régularité des heures de coucher et de lever. Ces mesures de bon sens sont parfois suffisantes.

 

Syndrome de fatigue chronique

 

C'est un syndrome dont le principal symptôme est la fatigue

Le syndrome de fatigue chronique est une notion récente, dont les critères de définition varient selon les pays. Ils comprennent, en général, une fatigue persistante depuis au moins six mois, présente pendant au moins 50 % du temps, sans cause médicale identifiée.

La fatigue est au premier plan mais peut s'accompagner de divers troubles : fièvre modérée, maux de gorge, ganglions palpables, faiblesse ou douleurs musculaires, maux de tête ou des articulations, troubles de la concentration, de la mémoire, troubles du sommeil. Pour certains, des troubles de l'immunité cellulaire y sont associés.

L'origine du syndrome de fatigue chronique est encore sujet à discussion. Le rôle de certains virus est avancé, mais le syndrome n'est pas transmissible et aucune épidémie n'a été constatée. Des anomalies de l'immunité et de minimes anomalies endocriniennes ont été décrites (comme celles constatées d'ailleurs dans d'authentiques dépressions). La constatation de ce syndrome chez de jeunes cadres actifs lui a valu l’appellation de « syndrome des yuppies ». Les formes à prédominance douloureuse entrent dans le cadre des fibromyalgies.

Le doute persiste encore quant au rôle exact de la dépression dans ce syndrome. Le syndrome de fatigue chronique peut faire suite à une dépression ou, au contraire, induire une dépression secondaire, la personne se sentant diminuée et dévalorisée par cette asthénie invalidante qui l'entrave dans sa vie sociale, professionnelle et affective.

L'évolution du syndrome de fatigue chronique se fait en général vers la guérison mais parfois seulement au bout de plusieurs années. L'intrication avec un syndrome dépressif peut rallonger encore le syndrome. Le traitement anti-dépresseur peut alors être utile. La kinésithérapie ou un traitement par magnésium semble être un apport intéressant pour ces patients.

 

La consultation médicale

 

Question à poser en cas de fatigue :

  • ·        Depuis combien de temps êtes-vous fatigué ?
  • ·        Un événement de la vie coïncide-t-il avec le début de la fatigue ?
  • ·        À quel moment de la journée êtes-vous le plus fatigué ?
  • ·        Quelles sont les conséquences sur la vie sociale, sur le travail, sur la vie de couple ?
  • ·        Y a-t-il des symptômes associés ? douleurs ? Perte de poids ?
  • ·        Quels examens biologiques et radiologiques avez-vous déjà fait et quels en sont les résultats ?
  • ·        Prenez-vous des médicaments et lesquels ?
  • ·        Des personnes de votre entourage ont-elles été atteintes de maladies infectieuses ?
  • ·        Avez-vous des troubles du sommeil ?
  • ·        Faites-vous ou avez-vous fait des régimes particuliers ?